Retrouver sa puissance

La puissance est la faculté de pouvoir, c’est-à-dire la capacité de réaliser ce que nous voulons. Or il nous arrive de ne pas parvenir à mettre en œuvre ce que pourtant nous désirons.

La première difficulté peut venir d’un désir ambivalent, d’une volonté défaillante. Un premier moyen d’affermir notre volonté, est de nous reconnecter à notre désir profond : quel est mon objectif ? En quoi est-il souhaitable ? Ce que j’envisage est-il bénéfique pour moi, pour les autres ? Cette écoute de notre désir, et son ancrage dans la représentation du bien qu’on en attend, permettent de mobiliser et d’affermir notre volonté. Mais il arrive que la volonté ne suffise pas.

La règle des 3 P peut alors nous aider à identifier certains obstacles :

La Puissance a besoin de
Permissions et de
Protections

Concernant les Permissions, posons-nous la question suivante : qu’est-ce qui m’en empêche ?

La première des permissions est celle qu’on se donne à soi-même : en suis-je capable ? Il ne s’agit pas de savoir si je suis certain de réussir, mais si j’ai une chance de réussir. Peut-être certaines actions permettent d’accroître mes chances de succès (formation, préparation, planification). Mais à l’inverse, si je ne me sens jamais suffisamment prêt, je reste paralysé et ne passe jamais à l’action, ce qui n’accroît en rien mes chances de succès. Par ailleurs, suis-je à ma place en faisant ce que je projette ? Je peux ne pas me sentir légitime, mais parfois, cette légitimité doit se conquérir, se revendiquer. On se sent toujours pour une part illégitime lorsqu’on croît en autonomie, et notre légitimité se construit sur nos réussites, et non sur nos renoncements.

La seconde permission vient des autres : suis-je autorisé à le faire ? Sinon, quelle autorité m’en empêche, et est-elle en cela légitime ? Il peut s’avérer parfois nécessaire de s’affranchir d’une autorité abusive pour croître en autonomie, mais cela requiert du discernement, mettant en balance la confiance placée dans cette autorité, le bénéfice des limites imposées, et l’importance de l’objectif visé.

La troisième des permissions vient des circonstances extérieures. Quels sont les obstacles à lever pour que cela devienne possible ? Cette question peut aider à préparer et planifier la réalisation de notre projet, à mobiliser nos capacités pour surmonter les obstacles qui peuvent se présenter.

Et pour ne pas se laisser impressionner par les obstacles éventuels ou les risques d’échec, nous avons besoin de Protections, qui reposent sur la question suivante : qu’est-ce que je risque ?

En matière de risques, il faut toujours distinguer la probabilité et les conséquences. Le risque d’échec peut être réel, mais pour des conséquences minimes, ou sans commune mesure avec ce que l’on attend du succès. Il convient alors de ne pas les surestimer.

Les conséquences d’un échec pour nous-même peuvent être de l’ordre de l’amour propre, de notre image, de notre réputation. C’est notre estime de soi qui est en jeu, et nous devons en prendre soin. Or elle se construit particulièrement sur nos réussites et sur les retours positifs que nous obtenons des autres. Le piège est d’avoir peur d’être imparfaits. Soyons exigeants, mais n’attendons pas d’être parfaits, cela nous paralyse et fait de nous d’éternels insatisfaits. Accueillons les retours qui nous seront faits à leur juste valeur, et osons être nous-mêmes, avec nos richesses et nos limites.

Lorsqu’en revanche les conséquences de l’échec sont inacceptables, demandons-nous quelle est la probabilité qu’elles surviennent. Et si des moyens existent de rendre cette probabilité insignifiante, nous aurons consolidé nos chances de succès.

Il peut arriver que l’examen de ces 3 P nous conduise à la conclusion que nous n’avons pas la capacité de réaliser ce que nous souhaitons, au moins pour le moment. Nous devons consentir à nos limites et ne pas entretenir des rêves de toute-puissance. Au moins l’analyse des permissions et des protections nous aura permis de mieux identifier les obstacles, les conditions de réussite, ou de remettre nos objectifs dans des proportions raisonnables.

Mais nous pourrons très souvent renforcer nos permissions et nos protections, et gagner en confiance pour oser réaliser nos désirs les plus chers. Et une fois vaincues toutes nos appréhensions, lorsque nous sommes enfin passés à l’action, n’oublions pas de savourer nos petites et grandes victoires, et même nos victoires partielles, ce en quoi nous avons réussi. Cela contribuera à renforcer notre estime de soi, aiguiser notre désir et affermir notre volonté, préparant les victoires à venir.

Le jardin conjugal

Mon jardin est une catastrophe !

Vous connaissez les Baobabs du Petit Prince ? Eh bien sur ma pelouse, c’est la même chose pour les mauvaises herbes. Il suffit de les laisser monter une fois en graines, alors elles prolifèrent et ça devient un enfer. Du coup, pour que ça ne se voie pas trop, je tonds régulièrement : les apparences sont sauves.

Pour certains couples, c’est un peu pareil. Leur vie conjugale est envahie de mauvaises herbes, au point parfois de devenir un enfer, alors Continuer la lecture de « Le jardin conjugal »

Je ne peux pas en parler à n’importe qui

Assise à ses côtés sur le canapé, Joséphine se confie à son mari :

  • Vraiment, Eric, on ne s’en sort pas. Je vois bien que tu es malheureux, même si tu ne le dis pas, et moi ça me rend malade. Tu devrais en parler à Untel, on le connaît bien, tu peux lui faire confiance…
  • Tu dramatises ! Non, ça va je t’assure, il nous faut juste un peu de temps pour faire face. Et puis, justement, lui on le connaît, ça me gêne de lui confier nos difficultés.
  • Tu vois, c’est ce que je disais.

Elle se tourne vers lui, et le regarde, exaspérée : Continuer la lecture de « Je ne peux pas en parler à n’importe qui »